Comment colorer son savon ?

Pour faire vos marbrages, vous avez besoin des couleurs. Il y a plusieurs choix, vous avez 2 grandes catégories les pigments végétaux ou les pigments minéraux. Vous avez une large palette dans la nature de couleur. La principale difficulté en savon solide c’est le rendu et la tenue de la couleur.

savon marbré

Pigments végétaux

Il y a la question du dosage. Souvent on commence avec les pigments végétaux par exemple l’orcanette qui est beaucoup utilisée, la carotte, des épices comme le curcuma qui a une couleur très puissante ou la poudre de cacao non sucrée. Il y a beaucoup de pigments végétaux issus de poudre de plante, de poudre de fleur, de poudre d’algues qui ne résistent pas au pH élevé de la soude. Les couleurs rouge ou rose en général résistent mal voire pas du tout. Par exemple la poudre d’hibiscus, le jus ou la poudre de betterave qui sont des plantes qui apportent des pigments très forts mais qui ne résistent pas en saponification à froid.

Les poudres de rose comme la poudre de rose de damas qui est jolie mais qui vire instantanément dans la pâte à savon. Les couleurs de pigments végétaux rouge, fushia, rose virent presque instantanément. De plus ils dégagent des odeurs désagréables. Que ce soit à la trace ou en dilution de soude, c’est le même résultat. Beaucoup de pigments végétaux virent au marron ou une autre couleur dans le savon. Certains pigments végétaux arrivent à tenir.

Les pigments végétaux sont moins puissants en termes de couleur. De plus la couleur produite est beaucoup moins stable que la couleur que vous avez à la base. Il faut faire beaucoup d’essais en termes de dosage. À partir du moment où vous ne dépassez pas les 10% d’ajouts globaux dans votre recette de savon naturel, il n’y a pas de dosage maximum ou minimum, c’est à vous de juger de l’intensité du résultat. En fonction de la quantité de pigments que vous ajoutez, le résultat sera différent mais il ne faut pas hésiter à mettre 1% dans la partie que vous souhaitez colorer afin d’avoir un résultat visible surtout pour un marbrage.

L’intérêt du marbrage est de pouvoir distinguer les différentes couleurs des unes des autres et que les couleurs ne soient pas trop proches ou trop faibles pour voir clairement les différentes zones colorées. Par exemple la spiruline est jolie les premières semaines mais elle a tendance à virer dans le temps. Certains pigments virent tout de suite et d’autres qui virent progressivement en tendant vers le marron ou le gris. Les fleurs de lavande séchées dans votre savon surgras ont tendance à virer au marron avec une auréole de marron autour de chaque fleur. Ce ne sont pas des couleurs stables dans le temps.

Pour des décorations avec des fleurs de lavande, il est préférable de les faire sur le dessus du savon qui sera moins impacté par la pâte et le pH du savon mais ils auront tendance à virer avec le temps. Il faut faire son savon pour avoir ses propres expérimentations en fonction des exemples que je vous transmets ou des idées que vous avez. Les couleurs rouge ou fushia ont peu de chance de fonctionner. Le pigment rouge naturel, pas le rouge brique orangé qu’on peut avoir, le vrai rouge naturel n’est pas réalisable en SAF. C’est une couleur difficile à obtenir qui résiste très mal au pH élevé.

Quels pigments végétaux choisir ?

Pigments végétaux : orcanette, carotte, curcuma, cacao… Beaucoup de pigments végétaux ne résistent pas au pH élevé de la soude caustique. Par exemple : hibiscus, betterave, poudre de rose… Certains virent avec le temps comme la spiruline. Les fleurs de lavande deviennent marron également. Je vous conseille de faire vos propres expérimentations.

Pigments minéraux

Ensuive vous avez la catégorie des pigments minéraux (oxydes, micas, argiles, ocres). Vous avez une belle palette quasiment infinie pour vos savons. Ils peuvent être mélangés, vous pouvez faire vos propres couleurs. On appelle mica ce qui donne l’effet nacré mais le mica en lui-même est un mélange de micas et d’oxydes. Les micas et les oxydes sont très puissants, il faut les doser avec parcimonie. A part les couleurs pâles qu’on peut doser un peu plus, tous les oxydes sont très puissants. Vous avez les oxydes bleus, les oxydes verts. Inutile d’en mettre beaucoup dans la pâte. Pour les argiles et les ocres, le dosage peut être plus généreux mais il faut faire attention aux micas et aux oxydes. Pour information une petite cuillère à café dans 500 g d’huiles, c’est amplement suffisant, ça représente à peine 3 à 4 g dans 500 g d’huiles. Si vous souhaitez des couleurs plus vives, vous pouvez en ajouter un petit peu dans votre pâte, la mélanger pour voir la couleur que ça donne et ajuster la quantité si besoin.

Vous pouvez jouer avec des nuances de couleur. Par exemple avec l’oxyde rose en faible quantité produit un joli rose mais lorsque vous en mettez beaucoup cela devient violet. Le violet est une couleur difficile à obtenir et on crée un beau violet avec des oxydes roses qu’on concentre un peu plus. C’est intéressant de faire ses propres expériences. Il y a certaines couleurs qu’il faut doser un peu plus (bleu, violet, etc) pour obtenir des couleurs qui se démarquent bien. Les couleurs jaune, orange, rose, vert tiennent bien. Les micas tiennent très bien. Avec les argiles et les ocres, vous aurez des nuances plus pâles. Les ocres sont assez puissants. Les argiles sont plus légers. L’argile rouge produit de très bons résultats en revanche l’argile blanc n’a pas un pouvoir suffisamment blanchissant pour rendre votre pâte à savon blanche. Pour blanchir la pâte, vous avez le dioxyde de titane qui fonctionne bien malgré les polémiques sur le dioxyde de titane. Pour travailler sans danger avec le dioxyde de titane, il faut éviter de le respirer. C’est sous forme de poudre qu’il peut provoquer des dangers.

Vous l’avez sous forme de pâte dans des boutiques spécialisés. Inutile d’en mettre beaucoup, une petite pointe au couteau est suffisante pour bien éclaircir une pâte. Il donne un aspect crémeux au savon. Il faut le choisir sans nanoparticule qu’on retrouve facilement chez les fournisseurs. Travailler sur une base plus claire permet d’avoir de jolis couleurs qui ressortent bien. Il faut prendre en compte la couleur de la pâte. Par exemple une pâte à savon jaune avec une couleur bleu donnera du vert au finale. Si vous avez une couleur de pâte avec des ingrédients assez orangés ou jaunes alors optez pour une palette de marbrage sur des tons orangés à rouges par exemple. Utilisez la couleur un peu orange pour faire un beau dégradé d’orange.

Un conseil avec les pigments notamment les oxydes c’est de les pré-mixer pour prévenir les grumeaux et d’avoir besoin de trop mixer pour les mélanger à la pâte à savon afin d’éviter d’accélérer la trace. Vous pouvez les pré-mixer avec un mini-mixeur ou un mini-fouet. Vous prélevez un peu d’huiles de votre recette à la base lors de la préparation de vos ingrédients.

Vous prélevez une cuillère de vos huiles liquides et vous pré-mixez votre pigment de façon à éviter les grumeaux qui peuvent laisser des points dans le savon et mal colorer la pâte. Cela vous permet aussi de trop mixer une fois que vous aurez séparé vos différentes pâtes et que vous ajouterez les différentes couleurs. Vous gagnerez du temps et vous évitez d’avoir une trace qui arrive trop vite parce que certains pigments peuvent être plus difficiles à amalgamer et à homogénéiser dans votre pâte à savon.

Pour finir avec les pigments, la dernière catégorie est celle des pigments synthétiques fabriqués par l’homme. L’intérêt principal c’est d’avoir accès à des couleurs que vous ne pouvez avoir autrement comme le vrai rouge qui est possible qu’avec des pigments partiellement ou totalement synthétiques ou les couleurs fluos jaune, verte, orange, violet qui sont impossibles d’obtenir dans la nature.

Ce sont des choses qui existent mais qui sont moins répandues puisqu’on a tellement de choix parmi les pigments naturels qu’ils soient minéraux ou végétaux. C’est une option.

Quels pigments végétaux choisir ?

Pigments minéraux : oxydes, micas, argiles, ocres… Ce sont des pigments beaucoup plus stables. Il faut prendre en compte la couleur de base de votre pâte à savon. Par exemple : une pâte jaune avec un pigment bleu vous donnera du vert.

Les oxydes sont très puissants, il ne faut pas en mettre beaucoup. L’oxyde rose par exemple faiblement dosé donne du rose mais il donne aussi du violet lorsqu’il est plus dosé. En général les micas tiennent convenablement mis à part quelques couleurs comme le pastel ou les violets qu’il faut en général un peu plus doser.

Les argiles sont plus légers, tous comme les ocres. Le dioxyde de titane permet d’avoir une pâte blanche. Il ne faut pas en mettre beaucoup il se dilue assez difficilement. Il faut le pré mixer et le choisir sans nano particule ou sous forme d’empâtage.

Sachez qu’ils existent en revanche le vrai rouge, les fluos sont des couleurs qui ne sont pas naturels mais des pigments synthétiques.

Pour aller plus sur comment faire du savon fait maison ou pour découvrir la recette du savon au lait de chèvre.

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